Endométriose : 10 grandes priorités identifiées pour la recherche médicale

L’endométriose touche près d’une femme sur dix. Malgré sa fréquence, il existe encore de nombreuses zones d’ombre sur ses causes, ses conséquences et son traitement. Lors du 13ème Congrès Mondial sur l’Endométriose, 10 grandes priorités pour la recherche ont été présentées.

Un outil de diagnostic de l'endométriose

CONSULTATION. Le journal The Lancet a publié vendredi 19 mai les résultats d’une vaste campagne de consultation de cliniciens, d’aides-soignants et de patientes atteintes de l’endométriose. Son objectif ? Identifier 10 grandes priorités pour les futures recherches médicales menées sur cette maladie qui touche près d’une femme sur dix.

10 défis pour la recherche sous forme de questions

Cette campagne de consultation a été réalisée par la James Lind Alliance, une organisation financée par l’Institut National de Recherche en Santé du Royaume-Uni. Les priorités ont été exprimées sous forme de questions que se posent la majorité des répondants au sondage :

1- Un traitement pour guérir de l’endométriose peut-il être développé ?
2- Quelles sont les causes de l’endométriose ?
3- Quels sont les moyens les plus efficaces de former les professionnels de santé dans tout le système de santé pour aboutir à une réduction du temps de diagnostic et à une amélioration des traitements et des soins des femmes ayant l’endométriose ?
4- Est-il possible de développer un outil de diagnostic non invasif pour aider au diagnostic de l’endométriose ?
5- Quels sont les moyens les plus efficaces pour maximiser et/ou maintenir la fertilité des femmes ayant une endométriose suspectée ou confirmée ?
6- Comment le diagnostic de l’endométriose peut-il être amélioré ?
7- Quel est le moyen le plus efficace de prendre en charge l’impact émotionnel et/ou psychologique et/ou celui de la fatigue lorsque l’on vit avec l’endométriose (incluant des méthodes médicales, non médicales et d’autogestion)
8- Quels sont les résultats et/ou taux de réussite des traitements chirurgicaux et médicamenteux qui visent à traiter ou guérir de l’endométriose, plutôt que de la gérer ?
9- Quel est le moyen le plus efficace de stopper la progression de l’endométriose et/ou sa propagation vers d’autres organes (par exemple après une chirurgie) ?
10- Quels sont les moyens les plus efficaces, hors chirurgie, pour gérer les douleurs et/ou les symptômes liés à l’endométriose (médicaux/non médicaux) ?

Accélérer les investissements dans la recherche sur l’endométriose

Les 10 priorités ont été présentées en parallèles aux chercheurs et professionnels de santé lors du 13ème Congrès Mondial sur l’Endométriose, organisé du 17 au 20 mai à Vancouver. Le coordinateur de la consultation, Professeur Andrew Horne de l’Université d’Edinburgh a précisé que « cet important projet permettra de sensibiliser à l’endométriose, d’accélérer nos efforts de recherche et de stimuler l’investissement dans la recherche ».

Environ 176 millions de femmes touchées dans le monde

L’endométriose est une maladie chronique incurable dont environ 176 millions de femmes sont atteintes dans le monde. Elle est caractérisée par la présence anormale de tissu endométrial hors de la cavité utérine, dans un premier temps au niveau du péritoine pelvien, des ovaires, de la cloison recto-vaginale, de la vessie et/ou des intestins. Ces tissus sont sensibles à l’action des hormones ovariennes. Il en résulte une inflammation chronique causant notamment des douleurs aiguës pendant les règles, l’ovulation et les rapports sexuels. La maladie est souvent associée à une baisse de la fertilité, voire à une infertilité. Une étude française a également mis en évidence un risque significativement plus élevé de fausses couches.

Malgré une prévalence similaire à celle du diabète, l’endométriose devra encore faire l’objet de nombreuses études et de recherches cliniques pour apporter des réponses aux patientes, cliniciens et aides-soignants.

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2 réflexions au sujet de « Endométriose : 10 grandes priorités identifiées pour la recherche médicale »

  1. Merci pour ce rappel complet et factuel.

    Peut-on selon vous parler d’un relatif manque d’intérêt des laboratoires et des institutions de recherche sur cette question ?

    Et si oui, à votre avis, pourquoi ?

    L.

    1. Laïka, merci infiniment pour votre commentaire.

      Il est très difficile pour moi de répondre à votre question, car que je ne travaille pas dans le « milieu de l’endométriose » et que je n’ai, par conséquent, jamais eu l’occasion d’échanger avec les différents acteurs concernés (gynécologues, chercheurs, associations, laboratoires). Sur le fait qu’il s’agisse d’une épidémie silencieuse dont ne parle que depuis peu, je me pose cette question : y’a t-il eu un frein au diagnostic lié à la croyance sociale qu’il est normal pour une fille de souffrir pendant ses règle ?

      A propos du manque de financement, je ne parlerais pas encore de manque d’intérêt, car la prise de conscience semble récente (du moins je l’espère, sinon ce serait un vrai problème éthique). D’autre part, je séparerais laboratoires et institutions de recherche qui n’ont pas forcément les mêmes intérêts ni les mêmes moyens pour financer un projet. Mais aujourd’hui que la recherche médicale cherche à s’organiser avec des initiatives telles que cette consultation de patientes, d’aides-soignants et de cliniciens, il s’agit d’une période idéale pour que ces différents acteurs travaillent dans le même sens.

      Affaire à suivre donc… nous verrons dans 5/10/15 ans comment cela aura avancé !

      Bien à vous,

      R.

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